vendredi 15 novembre 2013

Conseils pratiques : avant de se lancer sur la RC 4... ou dans une autre direction... (1)

            Ce blog répondant aussi à une finalité pratique, je vais faire comme Antoine et aborder quelques points susceptibles d’être utiles au randonneur qui se prépare à quitter les sentiers battus et à s’enfoncer dans « la verte »… que ce soit autour de l’ex route coloniale n° 4… comme plus en retrait des itinéraires généralement parcourus.
Donc avant de « son pied prendre la route » comme disaient jadis nos tirailleurs africains, commençons par quelques recommandations modestes qui n'apprendront sans doute rien aux plus expérimentés mais qui néanmoins restent susceptibles d'être utiles à quelques uns...

Pour ceux qui souhaiteraient entreprendre une randonnée encadrée dans le nord du Vietnam, il existe un grand nombre de « tours opérators » susceptibles de les prendre en charge sur la découverte de l’ex RC 4. Sans les avoir personnellement testés, on peut citer notamment « Vietnam séjour » http://www.vietnamsejour.com/, Amica Travel http://www.amica-travel.com/, Minhanh Travel http://trekvietnamtour.com/ … et quelques autres… sans oublier non plus Oriental Bridge Travel http://www.orientalbridge.com/... mais leurs services a un coup non négligeable... De plus, pour le passionné qui se lance dans la re-découverte de l'ex RC 4 il n'est pas certain que les services offerts apportent une réponse à toutes les attentes... Parcourir confortablement la vallée de Quan Liet et descendre sur les fesses dans la boue le goulet de Coc Xa sont en effet des choses bien différentes... Quand au détour par le lac Babe, pour touristique qu'il soit, reconnaissons qu'il est bien éloigné du centre de gravité des lieux des combats d'octobre 1950... n'en déplaise à feu Général Carpentier et feu colonel Constans... les initiés apprécieront...
Pour ceux qui souhaiteraient toutefois partir en solo ou à quelques uns, ainsi que nous l’avons fait, il y a bien entendu la formule plus économique du bus local que nous développerons prochainement… 
Quelle que soit l'option choisie, espérons en tous cas que ce billet sans prétention pourra être utile à quelques uns en démythifiant un peu ce type de projet... tout en restant de bon sens.

Au risque de faire ricaner certains routards solitaires, qui ont tout vu, qui ont des certitudes sur tout… mais qui sont surtout… chanceux car ils ne se sont jamais retrouvés seuls dans une mauvaise posture au milieu de nulle part, je vais donc vous apporter ici quelques conseils élémentaires avant d’entreprendre un trek… Précisons d’emblée que sans être un expert, type «  Bear Grylls », un certain nombre d’années passées en Afrique et en Guyane, notamment comme chef ops du 9° Rima, m’ont appris à rester prudent et humble vis-à-vis du milieu ambiant, surtout en zone tropicale.

Commençons par parler des vêtements nécessaires à un trek … en « haute région »... comme disaient nos Anciens…
Outre un pantalon long de couleur sombre, peu salissant, une coiffure de préférence du type bob afin d’éviter les chutes de fourmis dans le cou si on crapahute en sous bois et de bonnes chaussures de marche à crampons (type chaussures de trek Merrell), on ne saurait trop conseiller de porter une chemise  longue pour vos pérégrinations. En plus de limiter les coups de soleil cela permet accessoirement de ne pas conserver la trace de tous les épineux qu’on croisera sur sa route… et des plantes urticantes qui abondent dans le sous-bois… tout en se protégeant un peu des inévitables guêpes et autres « mouches à feu » que l’on peut croiser, insectes qui avaient notamment assailli mon guide d’il y a deux ans, dans les derniers lacets du sentier avant la source de Coc Xa…
Si l’on doit loger quelque part en brousse pendant le périple, il est important également de prévoir de quoi se couvrir le soir, d’une part car la saison fraîche peut être « très fraîche » dans le nord du Vietnam, d’autre part pour éviter les piqûres de moustiques dès la nuit tombée dans certains coins. Un vêtement de pluie léger (facile à trouver en version « vraie fausse copie » « North Face » dans toutes les boutiques autour du petit lac de Hanoï avant le départ et un sweat-shirt suffisent amplement pour cela en octobre-novembre…
Questions chaussettes, sauf à rechercher absolument les échauffements et les ampoules en faisant le choix de ne pas en porter… (l’intéressé se reconnaîtra…), il vaut mieux privilégier un modèle absorbant mais suffisamment léger pour pouvoir sécher dans la nuit ou éventuellement le lendemain... accrochées au sac…
N'oublions pas entre parenthèses, que ce n'est pas parce que le corps expéditionnaire français a définitivement quitté la RC 4 en 1950 que les sangsues dont nos Anciens ont fait les frais ont disparu... et que les chaussettes avec des pantalons resserrés à la cheville sont parfois bien utiles pour échapper à leur morsure : 
Quelque part, du côté de la côte 533, piton Tchabrichvili, séance de crémation de sangsues...

S’agissant des vêtements, si vous optez pour un de ces modèles en lycra, bien qu’assez fragiles, sachez qu'il est aisé de les laver le soir pour les ré-enfiler secs le lendemain… ou à peu près secs… L’important est de conserver à l'abri dans un plastique étanche les effets qu’on mettra au bivouac à l’arrivée du soir. En règle générale, deux ensembles de vêtements suffisent donc à partir du moment où on lave à l’étape ceux portés pendant la journée…en même temps qu’on se remet en conditions et qu’on fait de la propreté… grâce à l'inévitable savon de Marseille en pain, tous usages. Les "élégants" en prendront trois s'ils veulent : un sur l'homme, un pour la nuit, un pour le rechange du lendemain... Et même s'il n'est pas toujours agréable d'enfiler au réveil des effets encore humides, pas d'inquiétude à avoir car, soit cela séchera rapidement sur « la bête », soit au bout de cinq minutes on n'y pensera même plus... dès qu'on sera à nouveau sous la pluie ou qu'on aura commencé une nouvelle « suée »...

Question équipements, un point important à souligner est le fait de conserver à portée de main, c'est-à-dire sur l’homme, l’inévitable boussole Sylva, une carte du nivellement de la région où on se trouve sous plastique, même de fortune imprimée à partir de la couverture Google Earth, de la corde, un couteau, un sifflet pour se signaler en cas de coup dur, de quoi allumer un feu ou détacher quelques sangsues avant qu’elles ne commencent leur œuvre ainsi que de quoi grignoter un peu… voire la petite couverture de survie exigée pour certains trails en montagne même en France.

Personnellement, sans être quelqu’un qui associe « bretelles et ceinture », je prévois toujours dans mon sac des comprimés purificateurs d’eau, une lotion anti-moustique et un minimum santé pour pouvoir faire face aux imprévus… et que je détaillerai ultérieurement.
Au passage précisons que plutôt qu’un traitement anti-paludéen, pas toujours indispensable selon les endroits, la meilleure protection reste encore une couverture intégrale du corps (notamment des chevilles) à partir du crépuscule et un peu de lotion anti moustique sur le reste de la peau. Ajoutons encore qu’en dépit de certaines publicités, j’ai toujours évité les lampes frontales, pratiques certes pour travailler les mains libres mais qui dans certains pays attirent directement les anophèles vers votre visage… Peu désireux d’avoir une tête au réveil ressemblant à un paysage type bataille de Verdun... sans parler des soucis de leishmaniose comme c'est le cas dans certains endroits (notamment au Laos)...  j’ai toujours préféré la petite lampe stylo voire le modèle lampe de vélo facile à accrocher à la taille ou sur le sac…

Compte tenu de l’état douteux de certains couchages… personnellement j’emporte toujours un drap housse (un duvet léger l'hiver) et un hamac forêt de type brésilien, ultra léger (500 g), doté d’une moustiquaire… facile à tendre entre deux poteaux, entre deux pitons, voire entre un volet et une charnière de porte à défaut de crochets ainsi que je l'ai pratiqué dans certains villages sur le Maroni en Guyane française… Bien entendu il faut aimer dormir dans un hamac tenant plus du filet à provision que de la balancelle de plage… mais l’expérience de certains « puciers » dans le nord de la Thaïlande, pourtant présentés par les agences de trekking ayant pignon sur rue comme des gîtes confortables, m’a depuis longtemps convaincu de revenir aux classiques enseignés par les instructeurs du 3° REI et du 9° RIMa en Guyane ou du 6° BIMa au Gabon… Rien de nouveau en fait sous le soleil !!!
Ajoutons enfin à l’usage des puristes qui veulent « se la jouer » en mode rustique jusqu’au bout, le mini réchaud à pastilles de méta, le quart (qui brûle...) et la gamelle en aluminium avec les couverts de base version métal chewing gum…

Pour le sac à dos, personnellement je privilégie le modèle avec toile filet tendue, histoire de laisser respirer le dos en évitant les frottements... Je sais, on est bien loin de l'armature métallique du sac Bergame dont notre dos se souvient parfois encore, un vrai sac d'homme diront certains, mais il faut savoir vivre avec son temps. S'agissant de l'hydratation, abandonnant définitivement la gourde je suis devenu adepte de la réserve d'eau avec pipette qui permet une réhydratation en continu... malheureusement pas toujours facile à contrôler il est vrai, ce qui impose de conserver une réserve d'eau supplémentaire (gourde ou bouteille) en fond de sac.
Au bilan, même en intégrant de quoi manger pour une journée ou deux, il est parfaitement envisageable ne pas dépasser une dizaine de kilos à porter avec un sac 20 l ou 30 l... Au delà, avec l'âge et les soucis de dos inhérents à notre passé notamment professionnel... on risque fort de ne pas goûter à tous les charmes du Trek... et comme chacun sait, plus le sac est volumineux, plus on le charge...

Et puis tant qu’on y est, pour ceux qui après le Vietnam voudraient s’essayer à du plus solide… version forêt de Malaisie par exemple… rappelons enfin qu’il est très important de toujours conserver à la ceinture le minimum vital histoire de faire face à l’imprévu pour le cas où on aurait « largué » involontairement son sac à dos... et qu'on serait un brin égaré...
Ne jamais abandonner son sac à dos, un principe de survie appliqué
par Bernard... même pendant la remontée de dessous le pont Bascou...

En complément du coupe – coupe, indispensable à la survie des vrais « tatoués », outil de base autant nécessaire au marquage de son chemin, à l'ouverture d'un layon qu'à la confection d'un abri de fortune, voire à  l'élagage d''une perche de transport nécessaire au brancardage d'un blessé, il s'agira de conserver donc accroché à la ceinture le nécessaire de base : hameçons et fil de pêche, couteau et briquet, boussole, couverture de survie réduite façon Trail et hamac filet pour dormir isolé du sol… Si ceci n’est bien évidemment pas utile pour aller faire le tour des calcaires de Dong Khê, il n’en reste pas moins que c’est une nécessité quand on veut réellement faire du hors piste dans certains endroits ne ressemblant pas à une allée du parc Disney…


En tous cas vous voilà prévenus…

6 commentaires:

  1. Merci pour ce précieux conseils, Jean Luc.

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    1. Oulala, je n emporte pas tout ca.... Mais la prochaine fois, sifflet de detresse obligatoire.

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    2. Tu connais le proverbe qui s'applique le mieux aux "trompe la mort" et aux "casse-cous" ? ... "La vérité est au fond du trou..." ;) ... celui de mortier sur la côte 704 et ... l'autre...

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  2. Ouarf, moi qui pensais in vino veritas...
    C est vrai que le coup du trou de l emplacement mortier..., heureusement que j ai les photos...

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  3. Un très bon partage et merci bcp pour les conseils très pratiques. Bonne journée !!!

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  4. Merci pour votre partage! vos conseils sont très utiles!
    https://vietnamoriginal.com/

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