mercredi 12 février 2014

Lang Son : la ceinture des forts...


            Pour achever cette visite de Lang Son, beaucoup plus riche que ne le laisse supposer le contenu du guide Michelin, pour ne citer que ce seul document, faisons le tour des fortifications qui couronnent la ville.

Outre la citadelle, trois positions fortifiées protégeaient la ville de Lang Son, à savoir les forts Brière de L’Isle, Négrier et Gallieni. Ces forts qui existaient déjà avant la seconde guerre mondiale furent durcis au début des années quarante.
La vocation du fort Brière de l’Isle était de fermer au sud la boucle du Song Ky Cong dans laquelle était bâtie l’ancienne vieille ville de Lang Son.
Le fort Négrier, pour sa part, était bâti à l’ouest de la ville. Insuffisamment défendu le 9 mars 1945, il n’opposa qu’une faible résistance aux assaillants japonais.
A ces trois forts s'ajoutent aussi un fort situé en face des grottes de Ky Lua dont l'accès est facile et le fortin Babey élevé à l'Est de la route qui part de Dong Dang, sensiblement à hauteur de la zone de saut de l'opération Hirondelle de juillet 1953, qui est à ma connaissance une emprise militaire.

Voici grâce au schéma communiqué par M. Jean Jacques Moulins le positionnement général de ces forts :

@Jean jacques Moulins


Le fort Brière de l'Isle :

@Jean jacques Moulins



Le fort Brière de l'Isle dans les années trente


 Inscriptions d'origine chinoise dans un des souterrains du fort Brière de l'Isle
@Jean jacques Moulins





@Jean jacques Moulins


Le fort Négrier :

@Jean jacques Moulins



Comme me l'a précisé monsieur Moulin, les forts Brière de l'Isle et Négrier, n'étaient, avant 1943, que des réalisations très légères, comme le montre le plan du "fort" Négrier figurant ci-desssous.
ce fort était constitué initialement d'un bâtiment, comprenant deux niveaux :
- le niveau inférieur à usage de corps de garde
- le niveau supérieur, "blockhaus" aux murs percés de créneaux de fusillade.
Le tout était entouré par un retranchement en terre, doté de deux emplacement pour canon, et à l'abri duquel se trouvait une petite cuisine.

NB :le trait noir n'est pas un mur, mais marque la limite du terrain militaire.

 @Jean jacques Moulins





@Jean jacques Moulins

Ces différentes fortifications, édifiées lors de la conquête coloniale pour protéger la ville de Gallieni, ont été l’objet d’âpres combats lors des attaques japonaises de 1940 et de 1945.
A l’issue de la reddition des troupes japonaises en août 1945, les armées chinoises nationalistes qui envahirent le nord du Tonkin, pillèrent et détruisirent à, l’explosif un certain nombre de ces fortifications. Par la suite, après l’évacuation de Lang Son en octobre 1950, l’aviation française bombarda de nombreuses positions pour tenter de détruire les stocks de carburants, de munitions et de matériels abandonnés par nos troupes…


Le fort Galliéni :


@Jean jacques Moulins








Ky Lua :

Le fort situé face aux grottes de Ky Lua, implanté au nord de la ville, est très facile d’accès. On y accède en gravissant un nombre de marches… non négligeables sous le soleil... mais qui permettent ensuite de profiter d'un point de vue remarquable sur la ville et ses alentours...











Si ces forts édifiés à l'époque de la conquête représentaient alors des ouvrages de défense non négligeables, dès 1950 il semble que leur utilité n'était plus que symbolique, du moins si on relie ces lignes écrites par le lieutenant de Pirey à son arrivée à Lang Son, moins de quatre mois avant l'évacuation de la ville :
" Au premier abord nous sommes un peu surpris par l'aspect de ville ouverte qu'a Lang Son. Peu d'ouvrages fortifiés, alentour, si ce n'est la vieille citadelle, au coeur de la ville, et deux ou trois petits forts à moitié en ruines, perchés sur des hauteurs inquiétantes et sauvages, au delà des rochers."







3 commentaires:

  1. Superbes photos et commentaire, Jean Luc. Merci pour le partage.
    Tony A

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  2. Bonjour,

    Merci pour ces belles photos. C'est le Général Bouveret, du temps où il était commandant (du génie) et proche collaborateur du Général Mordant(représentant désigné de la France libre en Indochine), qui a supervisé intégralement la construction de toutes les lignes de fortification dans le nord du Tonkin, alors même que l'Artillerie refusait d'accorder les crédits nécessaires à leur construction...Nous étions donc bien loin de l'organisation Todt! Pourtant, il s'agit du seul ouvrage de ce type, de par son envergure, à avoir été réalisé dans une colonie française.

    Jean-François Bouveret.

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  3. Bonjour,

    Merci pour ces belles photos. C'est le général Bouveret, du temps où il était commandant (du génie) et proche collaborateur du général Mordant (qui deviendra par la suite le représentant désigné de la France libre en Indochine), qui a supervisé intégralement la construction des lignes de fortification dans le nord du Tonkin, alors même que l'Artillerie refusait d'octroyer les crédits nécessaires...Nous étions donc bien loin de l'organisation Todt! Pourtant, il s'agit du seul ouvrage de ce type, de par son envergure, à avoir été construit dans une colonie française.

    Salutations.

    Jean-François Bouveret.

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