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samedi 10 mai 2014

Dong Khê : les combats... (3)

          Après cette visite de la partie haute de la citadelle, il est temps de présenter le déroulement des attaques que cette dernière a subi, en mai puis en septembre 1950.


Ce blog n'ayant pas pour vocation de relater de façon détaillée les combats qui se sont déroulés en Indochine, je ne développerait donc pas tous les récits et témognages disponibles à propos de ces deux attaques... Je me contenterai simplement d'illustrer par quelques citations et photographies les assauts subis par le 8° RTM et par le 3° REI dans le cadre de ce retour en images sur les lieux du passé...

Pour en savoir davantage sur ces évènements le mieux est de se reporter aux références bibliographiques indiquées au bas de ce billet.


Afin de simplier le positionnement des différents combats je republie toutefois la photo aérienne de Dong Khê :

Le dispositif de défense de défense de Dong Khê en mai 1950
© Indo Editions - "Les combats de la RC4"
(Photo aérienne)



La première attaque du poste de Dong Khê (25 et 26 mai 1950) :

La première attaque de la citadelle de Dong Khê semble être le résultat d'un cafouillage du côté vietnamien car l'ordre pour l'assaut fut, si l'on se fie aux témoignage du colonel Dang Van Viet rapportés dans "Les combats de la RC 4", donné par le commissaire politique local et non par l'état-major du général Giap...

Le schéma ci-dessous fait apparaître les axes d'attaques utilisés par le vietminh pour s'emparer du poste : après le déclenchement des tirs d'artillerie le 25 mai matin qui causèrent la mort du capitaine Casanova vers midi, l'ennemi s'est emparé dans un premier temps du piton Montmartre (ou piton nord), puis du quartier Dubouchet avant de donner l'assaut définitif sur la citadelle par les abords Nord-est...
Les survivants, aux ordres du capitaine Brun s'esquivèrent en direction de Loung Phaï par les abords Sud-est de l'éperon rocheux.
Le lieutenant Jaubert qui occupait le secteur sud-ouest de Dong Khê, dans l'impossibilité de rejoindre la colonne Brun, ne put que se réfugier sur le piton sud pour y attendre avec sa section le largage du 3° BCCP...

Le croquis de l'attaque des 25 et 26 mai 1950
© Erwan Bergot - "La bataille de Dong Khê"

Nota : on relèvera que sur ce croquis l'aérodrome a été positionné à 2,5 km environ du marché de Dong Khê ce qui est de toute évidence (cf. photo aérienne) exagéré... Il y avait tout au plus 500 mètres entre les lisières du village et la piste.

Un témoignage à propos de cette attaque du 25 mai 1950 a été donné par le lieutenant Jaubert dans ses mémoires :
" Un matin de mai 1950, le 25, à 7h au moment du rassemblement pour la répartition du travail, nous recevons une bordée d’obus qui tombent sur la citadelle et le village. Chacun rejoint son emplacement de combat, et nous apercevons bien dans les calcaires les départs des coups de canon, car les viets à cette époque ne savent tirer qu’à vue.

Dans l'échancrure entre les deux sommets, une des positions d'artillerie ennemie
(Piton sur la route en direction de Ta Lung)
(Photo JLM)

 La radio alerte le commandement et on nous envoie l’aviation. Mais le plafond est très bas, le temps est gris et brumeux. Un pilote casse-cou, que nous connaissons bien, le Commandant Boudier, pique dans la brume, passe au dessus de la citadelle en rase-mottes en battant des ailes et redisparait dans les nuages. Quand la brume se lèvera les chasseurs reviendront, mais nous n’avons aucune liaison radio sol-air. On tire des obus fumigènes sur les objectifs pour les indiquer aux pilotes. Ils font ce qu’ils peuvent, quelques passages à la mitrailleuse, mais en fait ils ne nous sont pas d’un grand recours, d’autant plus que les viets cessent le tir quand les avions sont là, et le reprennent dès qu’ils tournent le dos.


Le piton Nguyen (Poste contrôlant les accès Est de Dong Khê)
(Photo JLM)

Nous recevons toujours autant d’obus sur la figure. Une partie de la citadelle et les paillotes du village brûlent. Nos deux canons de 105 sont touchés et ne peuvent tirer. Le Capitaine Casanova est tué, ainsi que mon adjoint, le Sergent-Chef Remond. La maison que j’occupais reçoit des obus sur le toit, ce qui fait un joli feu d’artifice avec les tuiles. Heureusement que nous sommes dans les tranchées creusées tout autour. La nuit se passe avec quelques attaques viet au Nord, mais sans gravité. Le lendemain, nous apprenons qu’un Tabor marocain quitte That Khê pour venir jusqu’à nous (il a 30 km à faire dans un terrain épouvantable et mettra plusieurs jours), et qu’un bataillon de parachutistes est en alerte à Hanoï.
Toute la journée se passe avec les tirs d’artillerie et de mortier et des assauts en fin de journée qui sont repoussés.
Mais à la nuit tombée, le Capitaine B... qui avait pris le commandement pour remplacer le Capitaine Casanova, prend la plus mauvaise décision qu’il pouvait choisir et en tout cas indigne d’un chef responsable. Jamais, j’en suis intimement convaincu le Capitaine Casanova n’aurait agi de la sorte.
Omnibulé par la colonne de goumiers partie de That Khê pour nous " secourir ", B... décide d’aller à leur rencontre et d’abandonner Dong Khê. C’est un véritable abandon de poste devant l’ennemi ! Il n’y avait pourtant qu’une seule chose à faire : Se regrouper tous dans la citadelle et ses abords immédiats et tenir toute la nuit. Nous étions encore assez nombreux pour résister, même avec un peu de casse. Dès le jour venu les paras auraient sauté sur le poste, et nous n’aurions pas perdu la face.
Au lieu de cela, c’est l’évacuation précipitée qui est ordonnée, et dans ce cas là nos tirailleurs ne sont pas très bons et ont tendance à une certaine agitation qui peut facilement engendrer la panique et la déroute.
Les unités plus ou moins constituées passent par mon point d’appui pour prendre la route de That Khê. On me prie de suivre le mouvement mais je refuse net. J’ai un groupe au sommet du Piton Sud, je vais d’abord aller le chercher et non pas l’abandonner.


L'ancien emplacement du poste sud (pagodon)
(Photo JLM)

Le piton sud
(Photo JLM)

Avec mes autres tirailleurs nous grimpons au sommet du Piton où mon Sergent Seghir, ne fait que répéter " comme à Cassino, mon Lieutenant, comme à Cassino !... " Il y avait été blessé, et exagérait un petit peu. Mais ça tombait tout de même pas mal. Ayant regroupé ma section, je redescends et arrivé sur la route, il n’y a plus personne. Tout le monde a filé. Seul le village continue de brûler et éclaire sinistrement la citadelle, tandis que l’on entend les viets crier de joie, sans doute un peu surpris d’une victoire aussi facile.
Je décide alors de remonter sur mon Piton et d’aller me planquer dans les fourrés à mi-pente. Si nous sommes attaqués, nous nous défendrons, sinon nous attendrons. Je ne sais pas trop quoi d’ailleurs. Les tirailleurs n’en mènent pas large, mais je suis avec eux, ils ont confiance en moi et moi en eux.
Le jour arrive, nous sommes coincés dans notre broussaille d’autant que les viets sont partout pour piller tout ce qu’ils peuvent récupérer.
Si rien ne se passe dans la journée, nous tenterons de partir vers That khê la nuit prochaine, mais cette éventualité est pleine d'embûches et d’incertitudes. D’ailleurs la plupart de ceux qui sont partis avec le Capitaine B..., ont été tués ou fait prisonniers. Une petite dizaine a pu passer.
La journée est longue, sans manger, sans boire, sans fumer, sans tousser et faire le moindre bruit. Les viets passent plusieurs fois à quelques mètres, sans se douter qu’une section de tirailleurs est là.


Les alentours du piton sud
(Photo JLM)

Vers le milieu de l’après-midi, les avions de chasse reviennent et commencent à mitrailler tout ce qui bouge sur la citadelle et aux environs. Nous recevons quelques douilles mais pas de balles...
Dès que les chasseurs arrêtent le tir, nous entendons le bruit caractéristique de nombreux avions de transport (en fait plus de 30 JU 52 et DAKOTA) et c’est le parachutage du 3ème Bataillon Colonial de Commandos parachutistes. Si nous n’avions pas évacué Dong Khê aussi précipitamment, il était prévu de les faire sauter dans la matinée. Apprenant la décision du Capitaine Brun., il y a eu un certain flottement à Hanoï et le saut a été reporté dans l’après-midi pour reprendre le poste.

Vue générale de la DZ sur laquelle fut largué le 3° BCCP le 27 mai 1950
(Photo JLM)

C’est un moment de joie intense pour nous. Nous entendons les tirs de quelques combats, mais pour moi, avant de rejoindre les paras, il vaut mieux prendre quelques précautions pour que nous ne soyons pas confondus avec les viets. Je fais attacher un chèche au bout d’un fusil et nous sortons de nos broussailles colonne par un. Je suis en tête avec mon tirailleur qui agite frénétiquement son fusil-drapeau et nous rencontrons enfin un groupe de paras un peu ahuris.
Ils pensent que nous sommes les goumiers qui arrivent de That Khê, mais ils mettront encore deux ou trois jours avant de nous rejoindre. Je suis tout de suite dirigé vers le Colonel Graal qui commande l’opération. Je lui raconte mes aventures et il me donne le commandement du 8ème RTM, qui s’est grossi, outre ma section de quelques individuels. Je suis bien sûr chargé d’organiser ces rescapés pour en faire une petite unité militaire présentable, mais également de régler les problèmes d’organisation et de ravitaillement. Une tâche pénible dont je suis chargé est de rassembler les corps des tués, d’essayer de les identifier et de les enterrer au pied du piton Nord, où très vraisemblablement ils sont toujours.
Nous apprenons que la colonne de goumiers qui venait à notre secours est bloquée à quelques kilomètres de Dong Khê et qu’ils ont besoin de ravitaillement en vivres. J’organise donc une colonne de ravitaillement et ce sont les " assiégés " qui vont au secours de leurs " sauveurs "...
Enfin, les goumiers arrivent à Dong Khê, commandés par le Colonel Lepage (dont on reparlera) avec comme adjoint le Commandant Labataille, un colosse du Sud-Ouest à la voix rocailleuse et la moustache conquérante, avec lequel je sympathise. Malheureusement, il sera tué quelques semaines plus tard.
J’apprends ainsi la quasi disparition des éléments des deux compagnies qui sont partis avec le Capitaine B.... Quel gâchis en vies humaines et quelle humiliation aussi, car dans quelques jours lorsque je redescendrai à That Khê, un Général* refusera de me serrer la main car dans l’esprit du commandement le 8ème RTM a failli à son devoir. De même aucune citation ne sera accordée, et ce sera difficile à expliquer aux tirailleurs. C’est dur de subir ainsi la conséquence de l’incompétence et de la couardise d’un " chef ". Brun avait été fait prisonnier avec quelques autres qui sont morts. Quand il nous a rejoint au camp n° 1 je l’ai ignoré ainsi qu’après la libération. De son côté, il n’a jamais cherché à me revoir en face...
Cela fait maintenant beaucoup de monde à Dong Khê. Les patrouilles envoyées dans les environs récupèrent nos véhicules et nos deux canons, déjà démontés.... Pour ma part, toutes mes affaires ont été pillées, et je me retrouve avec ce que j’ai sur le dos et une cantine vide...
Un convoi de camions arrive jusqu’à Dong Khê, avec du matériel. Il embarque pour le retour les paras du 3ème BCCP et mon détachement de survivants. Le Tabor va rester sur place, pour remettre en état et développer les défenses.
Après une bonne nuit de repos à That Khê où je retrouve des copains de promo, en particulier Boudier, j’arrive à Lang Son. J’y retrouve la base arrière du bataillon et des renforts de tirailleurs pour compenser les pertes, ainsi que le Capitaine Guidon pour remplacer le Capitaine Casanova."
(Source : http://jaubert.chez.com/indchine.htm)

* Le général Marchand.


A l'issue de la reconquête du poste par le 3° BCCP du commandant Decorse, qui profita d'une reconnaissance en direction du col de Nguon Kim pour récupérer une partie des pièces d'artillerie récupérées pat le Viêt-minh et dissimulées dans l'ancien tunnel,  l'état-major fit réoccuper la position par des unités du 8ème Tabor monté avec la première colonne de secours du Lcl Lepage.
Par le jeu normal des relèves ce fut ensuite un détachement du 3° REI qui prit la relève le 6 septembre 1950, beaucoup s'étonnant toutefois que l'on ne fasse monter pour remplace le Tabor que l'effectif de deux compagnies...



La seconde attaque du poste de Dong Khê (16 et 17 septembre 1950) :

La seconde attaque de Dong Khê fut planifiée par le Vietminh comme un prélude à la prise de That Khê. Le poste de Dong Khê en raison de sa position centrale était un objectif qu'il fallait impérativement prendre avant toute tentative d'assaut sur That Khê ou même sur Cao Bang dont les défenses étaient trop solides pour les moyens dont disposaient l'adversaire.
Lors de la seconde attaque, le capitaine Allioux commandait la position et il avait avec lui deux compagnies de légionnaires, la 5° cie du capitaine Jaugeon (qui parviendra à s'évader après la chute) et la 6° compagnie du capitaine Vollaire (qui se signalera au camp n°1 par ses croquis et ses carricaturesréunis dans l'ouvrage "Deux ans de Ka Nha" publié chez... Indo Editions...).

Voici que qu'écrit le lieutenant Stien au sujet de cette attaque :
"Cette fois ci, Dong Khê sera attaqué non pas en coup de main de va et vient comme en mai 1950, mais pour faire sauter définitivement ce point d'appui et isoler ainsi Cao Bang. C'est le régiment 174, commandé par Dang Van Viet et renforcé par un bataillon de la brigade 308, le bataillon 11, qui mène l'attaque par le Nord et le Nord-est, tandis que le régiment 209, commandé par Le Long Tan, et renforcé par le bataillon d'artillerie 178 attaque par le Sud et l'Ouest. La brigade 308 assure la coordination du front et l'interception des renforts. L'ensemble est commandé par Hoang Van Thai, le chef d'état-major général.
On sait que Dong Khê est pris après deux jours de combat acharnés, sans que le commandement français ait pu dans ce délai, faire intervenir une colonne de secours. Après la conquête, la citadelle reste occupée par une partie du régiment 209, tandis que les autres forces de Giap se retirent de part et d'autre de la RC 4, et restent en attente. Si des renforts montent vers Dong Khê, ils seront attaqués. dans le cadre de la strayégie définie, Dong Khê doit rester définitivement entre les mains du Viêt-minh.
Le prochain objectif est déterminé : ce sera That Khê, Cao Bang sera ainsi plus isolé et vulnérable. Le régiment 174, qui connaît bien la RC 4, est envoyé immédiatement au sud de That Khê, avec mission de faire sauter les postes entre That Khê et Na Cham (il s'agit des postes de Déo cat et de Lung Vaï)."

C'est à la suite de cette seconde attaque que le Lcl Lepage, décidément habitué de ce type d'opérations, pris le commandement d'une seconde colonne de secours (celle qui sera appelée désormais "colonne Lepage") et qui après avoir forcé le passage du tunnel de Tha Lai (voir billets précédents) rejoignit dans un premier temps That Khê, puis suite au raid sur Poma s'engagea en direction de Dong Khê pour y être détruite dans les combats du début octobre 1950...

Le croquis de cette attaque a été fait dans le livre du colonel Dang Van Viet "La RC 4" et un extrait de cette dernière est disponible dans le livre "Les combats de la RC 4" :

Le croquis de l'attaque des 16 et 17 septembre 1950
© Indo Editions - "Les combats de la RC4"
(Photo Collection Dang Van Viet)


Sur le croquis ci-dessous (adapté du croquis de l'attaque du mois de mai), on note quelques différences d'emplacements par rapport aux schémas précédents de la citadelle, à l'époque où le lieutenant Jaubert y séjournait :

 Shéma d'ensemble du poste de Dong Khê en septembre 1950
© Bernard Grué - "L'espoir meurt en dernier"


Vue en coupe de la citadelle
© Bernard Grué - "L'espoir meurt en dernier"

Entre autres remarques, on notera que l'ennemi avait pour la seconde fois installé une position d'artillerie dans la même échancrure du piton situé sur la route en direction de Ta Lung et que certains bâtiments n'avaient plus la même destination que précedemment... Sans doute faut il y voir là, la conséquence des bouleversements et des destructions consécutifs à l'attaque du mois de mai 1950.
Ces destructions sont d'ailleurs parfaitement visibles sur la photographie ci-dessous prise entre les deux attaques, au niveau du glacis nord de la citadelle actuellement occupé par l'emplacement du cimetière militaire vietnamien :

 Le glacis nord dévasté et le piton Montmartre
© Indo Editions - "Les combats de la RC4"
(Photo Collection Dutrône)

Remarque :
A l'attention des lecteurs de ce blog intéressés par ces combats, d'autres photographies sont disponibles dans l'ouvrage "Les combats de la Rc 4" mais comme celles-ci n'étaient pas indispensables à un "retour sur le terrain" je ne les ai pas intégrées dans ce billet...
Parmi les récits disponibles sur ces attaques, outre le livre "Les combats de la RC 4" on peut se reporter entre autres au récit du sous-lieutenant de Pirey "La route morte" qui relate le témoignage d'un ancien officier vietnamien rallié au commando Vandenberghe louant le courage et la tenacité des défenseurs du 3° REI sous les ordres du capitane Allioux, à l'ouvrage du docteur Serges Desbois "Le rendez-vous manqué des colonnes Charton et Lepage" et au tout récent livre du colonel Bernard Grué "L'espoir meurt en dernier" qui à l'époque était lieutenant au sein d'une des deux compagnies du 3° REI lors de l'attaque sur Dong Khê (voir (http://www.armee-media.com/2014/02/21/lespoir-meurt-en-dernier-par-bernard-grue/)..., cette liste étant loin d'être exhaustive...

Le récit détaillé de cette attaque a aussi été fait sur de nombreux sites internet comme More Majorum :
( http://www.more-majorum.de/einheiten/3rei/bat2/dongkhe.html ).























Dong Khé : la citadelle... (2)

          Après avoir parcouru la bourgade de Dong Khê et l'ancien quartier Dubouchet, il est à présent temps de nous intéresser à cette citadelle qui a subi l'attaque du Vietminh à deux reprises...

La garnison de Dong Khê a en effet été attaquée et conquise à deux reprises par le Vietminh : une première fois en mai 1950 et une seconde en septembre 1950.
Si la première attaque a été suivie d'une contre attaque française qui a permis avec le largage du 3° BCCP du commandant Decorse le 28 mai 1950 sur la piste d'aviation de réoccuper la position, la seconde attaque en revanche n'a pas donné lieu à une reconquête et Dong khê n'est plus française depuis le 18 septembre 1950...
De l'ancienne citadelle, il ne reste malheureusement pas grand chose de très authentique aujourd'hui car les Vietnamiens ont "réhabilité" celle-ci à leur façon en y bâtissant des constructions récentes (cf. image ci-dessous) et en y ouvrant un cimetiere militaire sur le glacis nord. Il est probable que les combats lors de la guerre sino-vietnamienne de 1979 ont fini par achever ce que les affrontements de 1950 et le temps avaient laissé d'intact...

Un blockhaus de construction récente...
(Photo JLM)


 Schéma au 1/1000 de l'ancienne citadelle
© Indo Editions - "Les combats de la RC4"
(Photo collection Dutrône)


On peut accéder de deux façons à la citadelle : soit en gravissant l'escalier qui la relie au marché, soit en empruntant la rampe qui partant au niveau de l'ancien cimetière devenu collège (bâtiments extérieurs aux toits de couleur rouge), longe le mouvement de terrain à flanc de coteau.
Si la grille est fermée, ce qui est généralement le cas, on peut toujours faire comme Antoine et se faufiler à travers les barreaux :

 La grille d'accès à la rampe conduisant à l'ancienne entrée principale
(Photo JLM)


La rampe bétonnée qui permet de monter à la citadelle était autrefois le chemin qui menait à la porte d'entrée principale (voir billet précédent) :

 La rampe d'accès à l'ancienne porte principale
(Photo JLM)


La porte d'entrée devant laquelle posaient autrefois en tenue blanche les cadres de la garnison a depuis longtemps disparu tout comme le mur d'enceinte bâti contre les incursions des Pavillons noirs d'autrefois ; il ne subsiste juste de l'enceinte qu'un réseau de fil de fer barbelés en mauvais état :

L'emplacement de l'ancienne porte principale 
(Photo JLM)


Si les bâtiments d'autrefois ont aujourd'hui disparu, on trouve néanmoins un certain nombre de dalles de ciment qui devaient probablement servir de sous bassements à ces bâtiments :


Quelques une des dalles sur lesquelles s'élevaient les bâtiments de la citadelle...
(Photos JLM)


Sur les lisières Est de la citadelle on trouve d'anciennes positions d'artillerie, de toute évidence reconstituées et qui ressemblent à des emplacement de mortiers lourds... Il est toutefois possible qu'il s'agisse là à l'origine de l'emplacement où était installé le canon de 57 mm des légionnaires lors de la seconde attaque contre Dong Khê car à partir de cette position on peut battre les abords de la citadelle en direction de la route de Ta Lung :

Alvéoles d'anciennes positions d'artillerie 
(Photo JLM)


L'abri ci-dessous est aussi situé du côté Est de la citadelle ; c'est en fait le seul emplacement de combat qui semble relativement authentique :

 Abri enterré
(Photo JLM)


Si l'on s'avance sur les pourtours de la zone "bâtie", notamment sur l'ancien glacis en direction du Nord-Est, aujourd'hui recouvert d'un grand nombre d'arbres qui n'existaient pas à l'époque, on s'aperçoit que le sol est pas mal bouleversé... Il est probable que ce sont là des "entonnoirs" d'obus laissés par les différents bombardements qu'a subi la position, sachant que l'essentiel de l'attaque ainsi qu'on le verra ultérieurement, a porté sur les flancs Nord et Est de la citadelle :

Le sous-bois du glacis entourant l'ancienne citadelle
(Photo JLM)


Dans ses mémoires, le lieutenant Jaubert fait référence à la popote de Dong Khê dans laquelle lui même et ses camarades "faisaient des cartons" au pistolet sur des boites de conserve pour s'amuser...
Les photos ci-dessous le montrent en compagnie de ses camarades devant cette popote au début de 1950 avec de la gauche vers la droite : Lnt BRONDEL (Off. Rens.), Lnt JAUBERT (4ème Cie), Médecin Capitaine, Lnt LAFFONT (4ème Cie), Cne CASANOVA, Lnt de VALS (partisans), Lnt ASSID (3ème Cie) :

Les officiers du 8 RTM début 1950
(Photo Réf. http://jaubert.chez.com/indchine.htm)


Les deux photos ci-dessous nous permettent de voir l'état du bâtiment en 1950 et ce qu'est devenu son emplacement aujourd'hui :

Vue générale de la popote du 8° RTM début 1950
© Indo Editions - "Les combats de la RC4"
(Photo Collection Dutrône)


L'emplacement de l'ancienne popote aujourd'hui 
(Photo JLM)


Bernard quelque peu dubitatif devant les restes d'une volée de marches 
(Photo JLM)


Lorsqu'on parcourt cette zone de la citadelle, on ne peut manquer d'avoir une pensée émue pour ces anciens qui ont vécu là, y ont chahuté pour combattre l'ennui... avant d'y perdre la vie lors des attaques de mai et septembre 1950... Ainsi que je l'ai rappelé précédemment, les tués des combats de mai 1950 ont été enterrés dans un premier temps dans le cimetière entre la citadelle et le piton Montmartre avant d'être définitivement rapatriés en France au début des années 80, lors du regroupement des corps à Fréjus... Ceux de septembre ont probablement été incinérés ou inhumés là où ils étaient tombés comme ce fut le cas de la plupart des soldats tués pendant la bataille de la frontière de Chine... 


En poursuivant vers le sud de l'ancienne citadelle, on traverse une sorte de place d'armes sur laquelle ont été bâtis un blockhaus et un bâtiment servant occasionnellement de musée mais vide lors de notre passage:

Partie sud de la citadelle
(Photo JLM)


Les deux photo ci-dessous montrent des débris épars des fortifications et des bâtiments des années 50... Comme l'a souligné le lieutenant Jaubert dans ses mémoires, les murs étaient faits de pierres scellées par de la chaux et ils offraient de ce fait beaucoup moins de résistance que du béton... Sous les coups direct de l'artillerie adverse positionnée sur les hauteurs environnantes, ces fortifications furent en toute logique assez rapidement détruites :

 Vestige de murs...
(Photo JLM)


Débris de maçonnerie
(Photo JLM)


Un réseau de barbelés et d'obstacles entourant le périmètre de la citadelle avait remplacé l'ancien mur d'enceinte du début du siècle mais en dépit de la forte pente du terrain cela ne permit pas d'interdire l'assaut du Vietminh que ce soit en mai puis par la suite en septembre 1950.
Rien ne permet toutefois d'affirmer avec certitude que les vestiges de barbelés et les poteaux que l'on retrouve tout autour de la citadelle datent des années cinquante :

Le réseau de barbelés de l'enceinte
(Photo JLM)


 
 Gros plan sur un barbelé apparemment  trop neuf pour être d'époque... 
(Photo JLM)


 Détail de poteau
(Photo JLM)


Dans la partie nord de la citadelle, au niveau de ce qui était autrefois un glacis, a été implanté un cimetière vietnamien. Les différents noms gravés sur la pierre ne faisant pas tous référence à 1950 mais à différentes dates postérieures (cf. 1975, 1979...), tout donne à penser qu'il s'agit d'un monument aux morts, soit originaires de la région, soit tombés dans le secteur :

Entrée du cimetière vietnamien de la citadelle
(Photo JLM)


 Intérieur du cimetière vietnamien
(Photo JLM)


Zone arrière du cimetière vietnamien
(Photo JLM)


Une longue liste de morts tombés depuis 1950...
(Photo JLM)


Des sépultures civiles... contre le mur du cimetière militaire vietnamien
(Photo JLM)


Pour terminer cette visite voici à présent deux photos d'ensemble de la citadelle :
- la première est une vue aérienne prise depuis le nord : on y aperçoit distinctement au premier plan l'ancien cimetière français puis au dessus la position fortifiée entourée d'un réseau de barbelés, la rampe d'accès principale, le cheminement reliant la citadelle au quartier Dubouchet ;
- la seconde est une vue Google Earth verticale : elle montre l'ancienne citadelle aujourd'hui et répertorie les différents points présentés précedemment.


Vue aérienne de la citadelle de Dong Khê en septembre 1949
© Indo Editions - "Les combats de la RC4"
(Extrait de Photo aérienne)
Vue actuelle de l'ancienne citadelle de Dong Khê
(Photo Google Earth)


 Fin de la visite pour Bernard, Antoine et moi...
(Photo JLM)


La visite de la citadelle étant achevée, intéressons nous à présent à ce que furent les combats de mai et de septembre 1950 qui y furent livrés...





















Dong Khê : un poste en zone frontière... (1)

          Après ce parcours chargé d'histoire et de sang que nous venons d'effectuer, je vous propose de visiter en détail la petite bourgade de Dong Khê qui parfois est aussi appelée Na Loung car là comme ailleurs, de nouveaux noms ont été donnés... qui cohabitent quand même avec les anciens...


Pour commencer cette visite, nous pouvons essayer de voir à quoi ressemblait Dong Khê à l'époque où le colonel Gallieni était en poste au Tonkin, c'est à dire entre 1892 et 1896.
Sur la photo ci-dessous, un schéma du poste de Dong Khê, apparemment dessiné par le colonel Galliéni montre que la bourgade du début du siècle était essentiellement organisée autour du poste bâti sur un éperon rocheux et à l'intersection des routes menant en direction de la frontière chinoise vers l'Est, de Cao Bang vers le nord ouest et de That Khê vers le sud.
Le mouvement de terrain qui est représenté au nord du poste (courbes de niveau circulaires) est la position que les Français appelleront plus tard "Montmartre" et sur lequel ils installeront un poste de section.
En contrebas du fort, c'est au niveau du marché de Dong Khê que seront édifiés par la suite les bâtiments du quartier Dubouchet dont certains sont encore visibles aujourd'hui.

Photo collection Gallieni


La photo ci-dessous montre la porte principale de l'entrée de la citadelle avec les cadres de la garnison posant en grande tenue pour une photo de groupe :

Photo X
- Collection Deroo -


La photo ci-dessous, probablement prise depuis le mouvement de terrain nord (piton Montmartre) montre la physionomie générale du poste au début du XX° siècle : ce dernier était entouré d'une enceinte fermée et on devine à gauche de l'axe principal séparant le poste du marché, la rampe qui monte à la citadelle et donne accès à la porte principale. En fond de tableau on aperçoit les lacets de la Rc 4 qui contournant les pitons sud se dirige vers le Na Kêo et le col de Loung Phaï.

Photo X
- Collection Decorse -

La photo ci-dessous, beaucoup plus récente puisqu'elle date de septembre 1949, fait apparaître de nombreuses évolutions par rapport au début du siècle.
On constate tout d'abord que l'ancien mur d'enceinte a disparu, que l'emplacement du marché s'est étendu et a été bâti, qu'une piste d'aviation pouvant accueillir les avions légers Morane a été tracée à l'ouest du village... et qu'un cimetière a été ouvert entre la citadelle et le piton Montmartre. Ce cimetière qui accueillait à l'époque les sépultures de nos soldats (parmi lesquels citons le capitaine Casanova commandant de la place de Dong Khê qui après avoir trouvé la mort pendant l'attaque de mai 1950 y fut inhumé avec d'autres par le lieutenant Jaubert), a été vidé il y a quelques années. Les corps ont a priori été rapatriés sur la nécropole de Fréjus et une école a été bâtie au même emplacement. 

Photo aérienne
- Collection Indo Editions -


En mai 1950, à l'époque où le lieutenant Jaubert du 8° RTM (Régiment de tirailleurs marocains) vint tenir garnison à Dong Khê, la place s'organisait de la façon suivante :

Le dispositif de défense d'ensemble en mai 1950
Photo aérienne
- Collection Indo Editions-

Le détail des différents bâtiments nous est fourni sur un croquis du Lt Brondel qui servait dans les rangs de la 4° compagnie :


Une photo aérienne prise à peu près à la même époque depuis l'ouest du village montre un certain nombre d'éléments intéressants... En fond de tableau on voit un mouvement de terrain central avec une échancrure au centre qui sera utilisée par la suite par le vietminh pour y installer deux canons qui tireront en tir tendu sur la citadelle lors de l'attaque de mai 1950... A flanc de pente du mouvement de terrain sur lequel est bâti la citadelle on aperçoit un sentier d'accès reliant celle ci au quartier Dubouchet situé en contrebas : ce sentier qui existe toujours aboutit à l'angle de l'échoppe de notre ami et guide germanophile Lam et a été "durci" puisque c'est aujourd'hui un escalier cimenté :

Dong Khê en 1950
Photo collection Decorse


Sur la photo ci-dessous on voir l'aspect actuel du sentier qui reliait la citadelle au quartier Dubouchet... La construction qu'on aperçoit à droite (et qui est aujourd'hui un lieu d'aisance) ressemble étrangement à une ancienne guérite permettant de contrôler l'accès entre les deux sites :

L'escalier reliant la citadelle au quartier Dubouchet
(Photo JLM)


Sur cette vue Google Earth ainsi que sur les photos ci-dessous, on peut voir à présent la physionomie générale de cette bourgade :

Photo google Earth

 Les entrées Sud de Dong Khê
Photo JLM


 Les entrées Est de Dong Khê
Photo JLM

Les abords Est de la citadelle et la route circulaire
Photo JLM

Sans doute la plus belle maison de Dong Khê...
Photo JLM


Les photos ci-dessous montrent la zone du marché de Dong Khê... anciennement quartier Dubouchet. Un certain nombre de bâtiments, du fait de leur architecture ressemblent au type de bâtiments construits à l'époque pour héberger nos soldats ou pour servir de bureaux, d'ateliers... Il est donc probable qu'il s'agit là des anciens bâtiments occupés par le personnel qui n'était pas installé dans l'enceinte de la citadelle :

 L'ancien quartier Dubouchet
Photo JLM

 Photo JLM

Photo JLM

Photo JLM

Photo JLM


Parmi ces bâtiments, l'un d'entre eux qui se situe presque aux sorties Ouest du village a retenu particulièrement notre attention car son architecture et sa décoration typiquement chinoise semblaient indiquer une ancienneté certaine... Sur un des schémas que j'ai eu l'occasion de consulter (mais dont je ne trouve plus trace malheureusement...) cette maison est répertoriée de mémoire comme une "maison de repos" (et non une infirmerie...). De là à en déduire qu'il s'agissait de la maison de tolérance de la garnison, il n'y a qu'un pas à franchir, d'autant que les unités de Tabors, de Tirailleurs nord africains, de légionnaires... avaient pour habitude (lorsque le contexte le permettait) de disposer à demeure d'un "pouf"... Il se pourrait toutefois que ce soit tout simplement l'ancienne maison de jeux tenue par les inévitables Chinois car le lieutenant Jaubert mentionne cette dernière dans ses mémoires...
Quel que puisse être le passé de cette maison aujourd'hui délabrée, dont la façade est constellé d'éclats sans que l'on puisse affirmer avec certitude si ceux ci datent des combats de 1950 ou de 1979, ce bâtiment est aujourd'hui devenu une menuiserie :

 Un vestige du passé...
Photo JLM

Détail de la façade
Photo JLM

Intérieur de la maison 
Photo JLM

Les traces des combats du passé 
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En continuant vers les sorties ouest de Dong Khê on aboutit à un ruisseau le long duquel avait été tracé à l'époque une piste d'aviation susceptible d'accueillir les avions légers type Morane... Le colonel Constant à qui on a maintes fois reproché de ne pas aller sur le terrain s'est néanmoins rendu à Dong Khê par ce biais entre les deux attaques. La zone de l'aérodrome servit aussi de DZ lors de l'opération aéroportée de reconquête de la citadelle le 27 mai 1950 par le 3° BCCP aux ordres du chef de bataillon Decorse. Aujourd'hui il est toutefois impossible de retrouver la trace de la piste car l'ensemble de la zone est recouverte de jardins :

La zone de l'ancien aérodrome
Photo JLM

 Antoine et Bernard en attente d'un passage Morane... à basse altitude
Photo JLM

La vie des unités qui séjournaient à tour de rôle au poste de Dong Khê nous a été relatée par le lieutenant Jaubert dans ses mémoires :
" Dong Khê est une bourgade à une dizaine de kilomètres de la Chine, au carrefour d’une route y conduisant avec la RC4 qui, elle, longe la frontière. Il y a bien une citadelle de l’époque coloniale, moins imposante qu’à Cao Bang, mais bien utile. Nous sommes tout de même dans une cuvette, entourée de calcaires menaçants où il y aura juste assez la place d’installer une petite piste d'atterrissage pour le Morane d’évacuation, des blessés (mais aussi du courrier, car si nous le recevons assez rapidement grâce aux parachutages, le courrier au départ est plus aléatoire...).
Puisqu’il n’y a plus de convois, nécessitant trop de monde pour leur protection, nous nous habituons aux parachutages journaliers de 2 ou 3 avions. Tout ce qui n’est pas fragile (vêtements, rouleaux de barbelés, tabac, sac de riz, etc...) est largué sans parachute au plus près du sol. Tout le reste est parachuté, et il sera même utilisé des parachutes en papier (!). Les moutons pour les fêtes musulmanes seront parachutés vivants, de même que les cochons pour les partisans, ainsi que les canards et les poulets dans des paniers empilés les uns sur les autres. Les parachutes en tissu sont évidemment récupérés, roulés et stockés en attendant un hypothétique convoi (ils brûleront tous lors de l’attaque de Mai 50).
La garnison de Dong Khê est composée de 2 compagnies de tirailleurs marocains, d’une petite compagnie de partisans et de 2 canons de 105. Le tout est aux ordres du Capitaine Casanova, un officier vif, dynamique et attachant que j’apprécie beaucoup. /.../.
La population civile est assez réduite, 200 à 300 personnes, avec une importante communauté chinoise et l’inévitable maison de jeu.
Les journées passent en travaux d’aménagements des défenses et il y a beaucoup à faire. Nous ne recevons que très peu de ciment pour bétonner, aussi nous construisons beaucoup à la chaux et au sable ce qui ne présentera pas la même résistance que le béton aux obus. Mais pour faire de la chaux il faut des pierres de calcaire (il y en a à revendre) et du bois pour faire fonctionner des fours à chaux. Nous récupérons tout le bois disponible sur les maisons des villages des environs abandonnées, et je suis désigné " spécialistes des explosifs " pour abattre et débiter tous les arbres énormes que nous trouvons dans la cuvette." /.../.
Nous avons une popote sympathique pour notre petit groupe d’officiers, où le jeu " apéritif " journalier consiste à vider plusieurs chargeurs de pistolet sur des boîtes de conserve. Nous ferons ainsi beaucoup de progrès en tir instinctif." ( Réf. http://jaubert.chez.com/indchine.htm)

Il est temps à présent d'aller visiter la citadelle afin de voir ce qu'est devenue cette popote et de comprendre comment se sont déroulées les deux attaques de mai et septembre 1950...


NOTA : A la demande de monsieur Cyril Bondroit, éditeur et directeur de collection de la société Indo editions, et pour respecter le droit légitime au copyright, je précise que les photos 1 à 6 du présent billet sont extraites du livre "Les combats de la RC 4, Face au Vietminh et à la Chine, Cao Bang - Lang Son 1947-1950" , Indo Editions, Paris juillet 2004, écrit en collaboration avec le général Georges Longeret et le général Jacques Laurent.

Les photos suivantes, exception faite du cliché Google Earth, sont de moi et sont libres d'utilisation par les lecteurs de ce blog.

Je précise en outre que ce blog qui n'est qu'un journal de route... a pour seul but d'aiguiller les passionnés de la guerre d'Indochine vers la lecture des ouvrages publiés sur ce sujet (notamment chez Indo-Editions 61 rue de Maubeuge, 75009 Paris....) et de faciliter en même temps le déroulement du voyage de ceux qui souhaiteraient se rendre sur place. Rien de plus...