mercredi 7 mai 2014

That Khê

          Une fois franchi le Song Ky Cong, l'ex RC 4 traverse la plaine de That Khê pour entrer dans ce village rue. De part et d'autres de la localité s'étendent des rizières et même si de nombreuses maisons ont été bâties depuis les années cinquante, il n'est pas trop difficile de s'y retrouver.


Ceux qui désirent faire étape à That Khê peuvent se reporter à l'article écrit précedemment et qui donne les coordonnées d'un hôtel relativement confortable et propre.


Les entrées sud-est de That Khê


La plaine située à l'ouest du village


That Khê en 1950

That Khê ne présente guère d'intérêt dans la mesure où les seuls endroits qui mériteraient un arrêt sont l'ancienne citadelle et la chapelle.
Comme c'est le cas presque partout, la citadelle des Français est aujourd'hui occupée par l'armée populaire vietnamienne et il est donc impossible d'y pénétrer ou d'y prendre des photographies.
Sur la photo ci-dessous, on aperçoit distinctement l'ancienne citadellelle. Il semblerait que cette photo ait été prise lors du parachutage de la première vague du 1er BEP (PC, 1er et 3ème cies) effectué le 17 septembre 1950 après midi ou du reliquat le jour suivant, afin de couvrir la progression de la colonne Lepage qui remontait depuis Na Cham en direction du nord.



Lors de sa progression le PC du colonel Lepage s'installa dans cette citadelle pendant que les unités de la colonne effectuaient des reconnaissances en direction du col de Lung Phaï.
Le groupement Lepage a stationné une dizaine de jours à That khê (jusqu'au 30 septembre 1950) avant de reprendre sa progression vers Dong Khê. C'est à partir de cette localité que fut lancé le 23 septembre le raid sur Poma (1er BEP et 1er Tabor), hameau situé à une quinzaine de kilomètres en direction du nord-est (vers la frontière chinoise), raid qui permit le recueil d'un important et précieux renseignement qui malheureusement ne fut pas pris en compte par le commandement à Lang Son et à Hanoï. L'interrogatoire des prisonneirs et l'exploitation des documents montraient clairement que l'ennemi, après avoir franchi la frontière avec ses éléments de manoeuvre et regroupé ses forces régionales, était à l'affut avec d'importants moyens (30.000 hommes) en vue de s'emparer de That Khê...

La citadelle de That Khê en 1950

La photo ci-dessous montre l'ancienne porte de la citadelle : un espace vert a été implanté entre la route et l'enceinte ce qui permet sous couvert de photos du jardin et de la stèle commémoratrice de photographier cette emprise.


La porte d'entrée de l'ancienne citadelle de That Khê


Le détail de la porte montre que les ancienne ancres de la coloniale sont toujours en place même si les symboles qui figuraient au dessus ont été recouverts...

Détail de la porte

Le monument commémoratif des combats de 1950 


La chapelle est par contre aisément accessible et on peut se reporter à l'article écrit précedemment (Le difficile devoir de mémoire sur la RC 4) pour se faire une idée plus précise de ce bâtiment qui fera l'objet d'une réhabilitation... 

La chapelle de That Khê


Le seul vestige visible des combats de 1950 est en fait la carcasse de cette auto-mitrailleuse récupérée après l'évacuation d'octobre 1950 et qui a été installée sur un socle de bêton dans l'enceinte de la caserne de police. Même si l'engin est visible depuis la route il est plus prudent de demander l'autorisation au planton de pour le photographier.
Lors de notre passage nous avons essuyé un refus puis en insistant nous avons finalement été autorisé à prendre en photo cette épave... mais sous le contrôle du policier de service...
  

Une des auto-mitrailleuses du peloton du Lt Pascal

Antoine à la recherche de détails...


Une fois dépassées les sorties nord du village on peut poursuivre en direction de Dong Khê, situé à environ 24 km de That Khê : très rapidement la route atteint les contreforts des massifs qui se succèdent jusqu'à la côte 703, mouvement de terrain entré dans l'histoire et qui domine le col de Lung Phaï.
La plaine nord-ouest de That Khê

La RC 4 entre les sorties nord de That Khê et le pont Bascou
 
Les contreforts des mouvements de terrain séparant That Khê de Dong Khê


La RC 4 en direction du pont Bascou

Un vestige qui a vu passer les hommes de la colonne Lepage...


A quatre kilomètres au nord de That Khê on arrive enfin sur le pont Bascou, site qui fera l'objet du prochain article car c'est à prtir de cet endroit que l'on entame la montée du col de Loung Phaï...

L'arrivée sur le pont Bascou





















dimanche 2 mars 2014

That Khê : un aérodrome pas comme les autres...

          Une fois franchi le pont sur le Song Ky Cong et en poursuivant sur la route qui mène vers That Khê, on ne peut manquer d'apercevoir sur la droite de l'ex RC4 la grande stèle que les Vietnamiens ont érigé à la mémoire de leurs soldats tombés au combat :

L'imposante stèle à la mémoire des soldats vietnamiens

Plutôt que de monter jeter un coup d'oeil sur ce monument, un de plus qui témoigne de l'acharnement des combats, nous préférons toutefois poursuivre notre route vers le nord en ayant une pensée émue pour les évènements qui se sont déroulés à quelques mètres de là entre le 18 octobre et le 4 novembre 1950, à savoir l'évacuation des blessés "les plus graves" de la RC 4...

Vue Google Earth de la cuvette de That Khê

Shéma d'organisation de la cuvette de That Khê en 1950
© Indo Editions - "Les combats de la RC4"

Vue Google Earth de la zone de l'ancien aérodrome


Sur le plan ci dessous on constate que la piste, réduite et coincée entre les rivières Song Ky Cong et Song Bak Khê était contrôlée par le poste du pont dont elle était toute proche :

Shéma d'implantation de l'ancien aérodrome en 1950
© Indo Editions - "Les combats de la RC4"


Sur la photographie ci-dessous prise depuis l'ancien poste sur le Song Ky Cong, on aperçoit le début de la zone où était implanté l'ancien aérodrome sur lequel nos aviateurs sont parvenus à se poser.
La piste tracée au pied d'un mouvement de terrain sur lequel a depuis été installée une grande stèle à la mémoire des soldats vietminhs, débutait probablement au niveau des maisons à droite du bouquet d'arbres :

Vue sur les abords Est de la zone d'implantation de l'ancien aérodrome

Les abords Est de la zone d'implantation de l'ancien aérodrome

Les abords Ouest de la zone d'implantation de l'ancien aérodrome


C'est de cette piste sommaire que furent évacués dans un premier temps les blessés des combats de la RC 4 ayant parvenu à rejoindre That Khê avant la date du 11 octobre, jour où la localité a été prise par les troupes vietminh.
That Khê était d'ailleurs initialement l'objectif principal de l'attaque vietminh sur la RC 4 (code V2) après la chute de Dong Khê (code V1) étant donné que Cao Bang constituait un trop gros morceau à enlever... En évacuant Cao Bang et en tentant sans succès de se replier par la RC 4, nos troupes ont donc permis au vietminh non seulement de réaliser leur objectif initial mais aussi de s'emparer d'un carrefour indispensable à la livraison de l'aide chinoise en vue de la conquête du Tonkin.

L'aérodrome de That Khê n'était pas conçu pour permettre une mise à terre ou un emport de troupes important, ce qui explique d'ailleurs que le 1er BEP n'ait pu être aérotransporté mais ait dû sauter sur la localité même le 17 septembre après midi pour renforcer la localité en attendant l'arrivée de la colonne Lepage en cours de progression. Seuls de petits appareils type Morane se posaient jusque là sur cette piste, ce moyen ayant notamment permis au lieutenant Stien non encore apte au saut suite à une une blessure par éclats de mines, de rejoindre son bataillon ...

Le sous-lieutenant de Pirey raconte dans son livre (La route morte) comment s'est déroulée la première vague d'évacuations sanitaires, juste avant la chute de Dong Khê, et dont il a pu bénéficier ayant réussi à percer depuis Coc Xa pour rejoindre les lignes françaises :
"  Jusqu'à présent, aucun Junker de transport ne s'est posé sur le terrain de secours de That Khê, trop juste pour ces lourds appareils. Pourtant seule l'évacuation des blessés par ces avions peut être envisagée et un pilote s'est proposé pour tenter l'expérience. L'atterrissage se passe sans histoire. Seuls sont embarqués dix hommes très gravement touchés et qui doivent être opérés d'urgence. s'ils ne partent pas maintenant, ils n'ont de toute façon presque aucune chance de s'en sortir... Autant tenter le paquet...
Le Junker roule vers le bout de piste et vire au raz de la rizière pour ne rien perdre de la longueur utilisable. Les moteurs vrombissent à tout casser et la vieille carcasse en tôle ondulée est secouée de spasmes. Les hommes du poste ont posé pelles et pioches, la population est sortie pour voir ce record contre la mort.
De cette tentative dépend le sort de plus de cent blessés (les autres sont restés aux mains des vietminhs...) Lorsque pleine gomme le JU fidèle roule en cahotant sur la piste, le silence est absolu dans That Khê. L'avion est déjà parvenu aux deux tiers du terrain et seule la roulette arrière commence à se soulever timidement. Tous attendent l'accident et un mécanicien d'aviation hoche la tête d'un air de dire : c'est cuit.
Au bout du terrain, les deux roues avant sautent la rizière à quelques mètres de hauteur et le pilote cabre l'appareil pour le forcer à monter : Le Ju prend un peu d'altitude, semble hésiter, puis pique du nez... pour se rétablir en vol horizontal à toucher les herbes. Il disparaît bientôt derrière les collines, mais il nous faut quelques instants pour réaliser qu'il a réussi... Bientôt un autre appareil atterrit.
- Nous avons perfectionné la technique, déclare le pilote en souriant, maintenant ça va marcher. Mettez quinze gus, mais allégés au maximum..."

Vue de That Khê en direction du sud (1950)
© Indo Editions - "Les combats de la RC4"


Une fois la localité tombée aux mains du Vietminh, une seconde vague d'évacuations sanitaires pourra avoir lieu suite à une trêve momentanée établie.
Voici le récit que fait de cette évacuation le lieutenant de vaisseau Pierre Guillaume, celui-là même qui devait inspirer le personnage du crabe-tambour, personnalité aussi atypique que celle du " Baron " et qui était tout désigné pour préfacer le célèbre ouvrage de Guillaume de Fontages " Les ailes te portent " :
" Après le désastre de la RC 4 en octobre 1950, désastre bien supérieur à celui de Dien Bien Phû, où l'élite des "Réserves générales" le fer de lance du corps expéditionnaire avait fondu, laissant aux mains du Viet-Minh des milliers de morts, de blessés et de prisonniers, Giap et Ho Chi Minh pour se donner une allure respectable sur le plan international proposèrent une trêve permettant l'évacuation de quelques prisonniers gravement blessés. En fait pour en profiter et réorganiser leurs troupes très éprouvées par les combats de la RC4 et se préparer à l'offensive sur le delta du Tonkin. La France accepta cette trêve et les viets choisirent le terrain du poste de That Khê qu'ils venaient d'occuper pour procéder à l'embarquement par voie d'air.
Guillaume de Fontanges, celui que tout le corps expéditionnaire ne nommait plus que "le Baron" avait tenté et réussi à se poser sur le minuscule terrain de That Khê juste avant qu'il ne tombe entre les mains du Viêt-Minh. Il fût désigné pour cette mission : "On vous fait confiance, faites pour le mieux !" lui disent ceux qui lui avaient prédit "qu'à force de jouer au con, tu casseras la bagnole là-bas, et seras fait aux pattes".
Pas une seconde les viets n'imaginèrent que ce terrain soit accessible à des avions sanitaires plus importants que les Morane (Fieseler) qui ne pouvaient emporter que quatre blessés à la fois. Quelle ne fut pas leur surprise lorsque le Baron et sa "Julie" réussirent à emporter à chaque rotation vingt blessés. Pour ce faire il débarrasse l'avion de tout ce qui n'est absolument pas essentiel mettant cinq heures d'essence au lieu de six heures, ce qui permet d'évacuer sept ou huit blessés supplémentaires. Enfin il y a le problème de la convoyeuse, l'IPSA (infirmière parachutiste secouriste de l'air). elle n'est pas prévue au départ mais le Baron a une très grande admiration pour ces jeunes femmes admirables de courage, de dévouement, les bonnes fées qui secourent ceux qui souffrent dans des conditions effrayantes à bord des avions. Alors une fois de plus il se débrouille. On débarque le poste émettant en graphie qui pèse 43 kg et on embarque en catimini l'IPSA de service à Hanoï qui était Valérie de la Renaudie dite "Val" qui n'en pèse guère plus. Au total, en dix évacuations sanitaires, il tirera de l'enfer plus de deux cents soldats français. Sans lui ces hommes épuisés, blessés n'auraient jamais supporté quatre années dans les camps viets. En vingt ans, de 1939 à 1959, il effectuera plus de sept cents missions de guerre. Parmi ces missions les plus belles pour lui seront ces dix évacuations là."
(Source - Les ailes te portent de G. de Fontanges - Ed. Maritimes d'Outre-mer -1981)

Le lieutenant de Fontanges

Nota : l'intégralité du récit de ces évacuations fait par Guillaume de Fontanges peut par ailleurs être consultée sur le site suivant :
http://aviateurs.e-monsite.com/pages/1946-et-annees-suivantes/les-evasans-de-that-khe.html

La tombe de Guillaume de Fontanges
à Martignargues (30) tout près de chez moi



Les entrées sud de That Khê


Continuons à présent en direction de That Khê...





jeudi 27 février 2014

Un poste sur le Song Ky Cong...

          L'histoire de la route coloniale n°4, indissociable du drame des colonnes Lepage et Charton, a été marquée tout à la fois par les multiples attaques de convois qui s’efforçaient de ravitailler les positions de la haute région, mais aussi par les assauts menés contre nos postes.

La carte ci-dessous montre le dispositif des postes échelonnés sur la route coloniale n° 4.

 
Carte des postes sur la RC 4
© Indo Editions - "Les combats de la RC4"


Aujourd’hui, plus de soixante après ces événements, il est malheureusement impossible de retrouver les traces de ces postes car ces derniers étaient bâtis avec des matériaux légers, pour ne pas dire de fortune, qui n’ont pas résisté aux dégâts des combats mais aussi du temps.
Ponctuellement, en fouillant soigneusement dans la végétation, on remarque bien évidemment des levées de terre ou des cavités qui donnent à penser que nos soldats ont vécu là et y ont combattu. Un des soucis toutefois que l’on rencontre dans ces tentatives pour " remonter le temps " est que la guerre sino-vietnamienne de 1979 est venue " polluer " les vestiges laissés par la première guerre d’Indochine. Dans de nombreux endroits, comme notamment aux environs de Dong Khê ou du col de Loung Phaï, on peut voir nettement des positions de combats mais ces dernières ont la plupart du temps été aménagées par les soldats vietnamiens qui abandonnant les localités, s’étaient installés en défense ferme sur les hauteurs afin d'installer leurs " sacs à feu " contre les colonnes blindées chinoises.

Désireux de nous faire par nous mêmes une idée de la question, nous avions donc décidé en 2013 avec Antoine et Bernard d’abandonner le bus qui nous acheminait depuis Lang Son à quelques kilomètres en aval de That Khê, juste au franchissement du Song Ky Cong, car cet endroit était autrefois occupé par une de nos unités. En novembre 2014, afin de montrer certains de ces emplacements à nos camarades Tony et Christophe tout en tachant de compléter nos trouvailles précédentes, nous sommes allés revisiter certains de ces sites...

Le pont sur le Song Ky Cong à quelques kilomètres de That Khê


Ce poste qui contrôlait le pont sur la rivière et les sorties sud de That Khê et était tenu par un effectif approximatif du niveau section, fut attaqué à deux reprises (au moins...) :
- La première attaque eut lieu dans la nuit du 16 au 17 mars 1949 : au cours de cet assaut, le lieutenant Le Gouaille de la 8° cie du II° bataillon du 3° REI, chef de poste, fut tué ainsi que dix de ses hommes sur un total de 34 militaires français et partisans pendant qu'en face, on estime à 80 le nombre de vietminhs tombés au cours du combat auxquels il faudrait ajouter une cinquantaine de blessés. (Réf. Journal de marche et opérations du 3° REI).
Après s'être emparé du poste, le Vietminh procéda à la mise à feu de charges explosives qui détruisirent la travée centrale du pont.
On peut voir sur les photos ci- dessous, les résultats de cette attaque, puis après installation d'une travée métallique, la physionomie du pont jusqu'en octobre 1950 :

  Le constat des dégats
© Indo Editions - "Les combats de la RC4"

Vue d'ensemble du pont 
(photo prise en direction de That Khê à partir du poste)
© Indo Editions - "Les combats de la RC4"

Le pont après restauration avec le poste au second plan sur le mouvement de terrain
© Indo Editions - "Les combats de la RC4"


- La seconde attaque qui se produisit dans la nuit du 9 au 10 octobre 1950, était destinée à empêcher le repli des éléments de That Khê et des débris des colonnes Lepage et Charton en direction du sud... En dépit des mesures prises pour contrôler le pont, ce dernier fut à nouveau détruit par un élément vietminh, obligeant nos unités à entreprendre un franchissement de fortune par bateaux pneumatiques. Cette contrainte supplémentaire occasionna une perte de temps considérable qui pénalisa le 3° BCCP... voire contribua à le condamner. Bien évidemment aucune photo n'a pu être prise du pont après cette seconde attaque... on comprend aisément pourquoi...

Ainsi qu'on peut le voir sur ce croquis extrait du JMO du 3° REI (Illustration "Les combats de la RC 4") le site du poste du pont sur le Song Ky Cong s'organisait en deux secteurs, qui sont respectivement en venant de Lang Son :
- à gauche de la route, un point de contrôle (dit poste intermédiaire) où a été bâtie depuis à la place une stèle commémorative ;
- à droite de la route, le mouvement de terrain sur lequel était implanté le poste lui même, protégé par des levées de terre et des mines.
Ces différentes positions ainsi que les mouvements de terrain à partir desquels les vietminhs ont pris à partie nos soldats, apparaissent clairement sur le croquis décrivant l'attaque du 17 mars 1949 :

© Indo Editions - "Les combats de la RC4"


On notera sur la vue d'époque ci-dessous, qu'une piste en zig-zag à flanc de colline, permettait d'accéder à la position centrale. Des maisons et des cultures occupent aujourd'hui cette zone mais on peut parvenir sans souci au sommet en passant entre les habitations.

Le poste et le pont sur le Song Ky Cong autrefois
© Indo Editions - "Les combats de la RC4"

La portion centrale du pont avec la tour de guet figurant sur le schéma
(Photo prise en direction de That Khê)
© Indo Editions - "Les combats de la RC4"

 La stèle à la gloire des soldats vietnamiens tombés lors des combats

Le même mouvement de terrain aujourd'hui sur lequel était bâti le poste principal


A l'issue des combats d'octobre 1950, le pont sur le Song Ky Cong étant détruit, le Vietminh installa très certainement un passage de fortune pour acheminer ses troupes et son ravitaillement en direction du sud et en prévision de l'offensive finale sur Hanoï, dont on peut encore voir les soubassements à demi-immergés :

Les restes d'un pont de fortune sans doute bâti dans les mois suivants l'évacuation de Dong Khê


Par la suite un pont plus élevé, encore utilisé actuellement par les paysans, fut installé :

Le pont intermédiaire

L'ancien pont endommagé par le Vietminh en octobre 1950 est longtemps resté en place jusqu'à ce qu'un pont moderne soit édifié à sa place. Sur la photo ci-dessous on pouvait encore l'apercevoir il y a quelques années :

L'ancien pont des années 50 aujourd'hui démoli
© Indo Editions - "Les combats de la RC4"
(Photo Collection Estève)

Vestiges de l'ancien pont 

Traces d'impacts ou d'éclats sur les soubassements de l'ancien pont


Enfin, en 2000, fut mis en place l'actuel pont qui se situe dans le prolongement de l'axe routier et qui en toute logique occupe donc l'emplacement de l'ancien pont des années cinquante... : 

Vue sur le nouveau pont sur le Song Ky Cong

La rive sud et les abords du mouvement de terrain

Les traces d'une construction artisanale


S'agissant du poste proprement dit, il ne reste pratiquement plus aucun vestige si ce ne sont des morceaux de briques attestant qu'il y avait là autrefois une construction en dur.
L'édification comme sur de nombreux autres anciens emplacements de postes d'une antenne de télécommunication et de l'abri pour les installations électriques a probablement dû finir de détruire ce que les combats et les années avaient déjà mis à mal...
Invités par une Vietnamienne à nous rafraîchir, en l'occurrence la propriétaire du lopin de terre occupant le sommet du mouvement de terrain, celle-ci nous a confiés qu'elle avait ramassé des étuis de cartouches en cultivant son maïs et qu'il y avait des corps enfouis dans le sol... Il nous a été toutefois impossible d'en apprendre davantage... ni de voir l'un de ces étuis...

Le mouvement de terrain sur lequel était bâti le poste français

Des pentes abruptes à l'époque protégées par des palissades de bambous aiguisés 

Vue sur la rive nord et le cimetière vietnamien depuis l'emplacement du poste

Antoine et Bernard à la recherche des traces du poste...

Quelques briques provenant sans doute du réduit

L'emplacement du réduit 
 Morceaux de briques éparses au pied du bâtiment du relais de transmissions

 La zone autour du réduit

Le  piton du poste vu depuis l'extrémité nord du pont

 Le pont sur le Song Ky Cong et le mouvement de terrain

Gros plan sur le panneau


Afin de compléter cette visite de l'emplacement de l'ancien poste du Song Ky Cong, citons quelques extraits de l'ouvrage de base, à savoir les combats de la RC 4 de G. Longeret, J. Laurent et C. Bondroit - Indo-Edition...
Voici ce que les auteurs écrivent concernant les attaques vietminh contre nos postes à partir de 1949 :
" Pour la première fois sur la RC 4, les vietminhs enlèvent ainsi de vive force des positions occupées par une section de la Légion Etrangère. Ils ont alors mis au point le procédé d'attaque qu'ils continueront d'utiliser par la suite pour tenter de s'emparer des petits postes isolés : deux ou trois canons - 75 de modèle ancien en général - et sans appareil de visée ! - sont mis en place sur des pitons environnant le poste et de même altitude que celui-ci, dans un rayon de 1500 à 2000 mètres, c'est à dire hors de portée des mortiers de 60 des défenseurs. Les tubes sont pointés à vue en direction du poste juste avant les dernières lueurs du jour. Dès la nuit tombée, le tir d'artillerie se déclenche sur les fortifications rudimentaires (murs d'enceinte et blockhaus en troncs d'arbre et terre tassée) qui sont écrasées sous les obus et prennent feu. Les fantassins s'infiltrent ensuite dans les défenses accessoires puis donnent l'assaut par vagues successives."

 La zone de franchissement du 3° BCCP


Alors que nous pensions que la tour qui est représentée sur le schéma à l'extrémité du pont côté That Khê avait définitivement  disparu, en novembre 2014 nous avons redécouvert le soubassement de celle-ci dans un jardin immédiatement en contrebas de la route, au Nord-ouest du pont... Passée inaperçue lors de notre périple précédent, elle a toujours été là depuis plus de soixante ans :

 L'ancien soubassement de la tour nord

 Christophe en pleine ascension...



Une fois franchi le pont sur le Song Ky Cong poursuivons à présent notre route, sac sur le dos, en direction de That Khê situé à quatre ou cinq kilomètres... Ceci devrait nous conduire à passer à proximité de l'ancien aérodrome... celui là même ou "le Baron", alias Guillaume de Fontanges, vint récupérer à la mi octobre avec son Junker, les blessés les plus atteints rendus par les Viets après les combats... dont le lieutenant Faulques...